Panier : Votre panier est actuellement vide
Vous êtes ici : Ma grossesse > Santé et grossesse > Grossesse tardive
Grossesse tardive
Les grossesses tardives sont généralement considérées par les professionnels de santé comme des grossesses à risques. On parle de grossesse tardive dès lors que les femmes débutent une grossesse après 35 ans.
Pourquoi parle t-on de grossesse tardive ?
En France, l'âge moyen de la 1ere grossesse a encore augmenté, il est de 29.4 ans en 2005 alors qu'il était de 24 ans en 1970. Il est donc fréquent qu'une seconde voire une troisième grossesse soit souhaitée après l'âge de 35 ans. C'est un phénomène que l'on retrouve dans la plupart des sociétés occidentales.
Parallèlement, on sait maintenant avec certitude que le taux de fécondité diminue avec l'âge. Les ovules sont plus particulièrement sensibles à ce vieillissement. Une femme dispose d'un potentiel d'environ 40000 follicules à la puberté qui seront libérés après maturation lors de l'ovulation. Avec l'âge, ce capital diminue et peut également se détériorer. Il en découle 2 risques :
- Des difficultés de conception : à 35 ans, le taux de fécondité est d'environ 50%, il tombe à 34% à 40 ans.
- Des risques augmentés de malformations ou de maladies pour l'enfant : Repousser la 1ere grossesse réduit donc le taux de fécondité et plus la période de préconception dure, plus les chances de concevoir diminuent. Par ailleurs, le mode de vie des femmes occidentales (stress, pollution, alimentation restrictive, usage prolongée de la contraception orale) impacte directement sur la disponibilité psychologique et physiologique et donc sur la fécondité. On constate que de plus en plus de femmes désireuses d'une grossesse après 35 ans doivent faire appel à des traitements spécifiques qui stimulent l'ovulation afin d'augmenter les chances de conception.
Les risques de la grossesse tardive
Toute grossesse est potentiellement une grossesse à risque même si dans la réalité cela reste marginal. Dans le cas des grossesses tardives, un certain nombre de critères sera particulièrement suivi afin de limiter les risques.
Le diabète
Après 35 ans, le risque de développer un diabète gestationnel est 2 fois plus élevé que la moyenne. Un suivi médical régulier sera fait sur les quantités de sucre présentes dans les urines et sur la courbe de poids. Pour rappel, le diabète gestationnel a des conséquences directes sur la santé de la mère et de l'enfant s'il n'est pas dépisté et traité.
Il expose l'enfant à des risques de malformations nerveuses ou cardiaques ou à un surpoids qui va compliquer l'accouchement ou déclencher un accouchement prématuré. La mère sera plus souvent confrontée à des problèmes d'hypertension et à des troubles cardiovasculaires.
Lorsqu'il est détecté, le diabète est traité par des injections d'insulines pendant la grossesse. Un régime alimentaire spécifique sera conseillé sur proposition du médecin.
L'hypertension
Comme pour le diabète, les risques d'hypertension sont 2 fois plus élevés après 35 ans. La majorité des cas d'hypertension se révèlent au cours du 3ème trimestre de grossesse et augmentent le risque de pré éclampsie qui peut être fatale pour la mère et l'enfant.
La pré éclampsie est une affection de la femme enceinte qui regroupe plusieurs symptômes : une hypertension artérielle, une protéinurie (présence de protéines dans les urines) et une prise de poids avec œdèmes au niveau des mains, des chevilles et des pieds.
Les complications de la pré éclampsie sont :
- L'éclampsie, qui se manifeste par des crises convulsives potentiellement fatales pour la mère, provoquée par une hypertension artérielle intracrânienne (dans la tête) .
- L'hémorragie cérébrale due à la rupture des vaisseaux sanguins dans le cerveau (cause principale de la mort maternelle)
- Le décollement placentaire : le placenta se sépare de la paroi de l'utérus et provoque une hémorragie interne. Le risque de mort du fœtus in utero est important si la grossesse n'est pas assez avancée pour déclencher l'accouchement immédiatement. Ce décollement peut également provoquer une insuffisance rénale chez la mère.
- Des dysfonctionnements au niveau des enzymes du foie qui détruisent en accéléré les globules rouges et limitent l'activité coagulatrice des plaquettes sanguines en favorisant ainsi les risques d'hémorragie.
Le traitement de l'hypertension pendant la grossesse consiste en un certain nombre de mesures assez radicales qui permettent de réduire les risques à leur minimum.
- Alitement
- Augmentation de la consommation de liquide
- Administration de sulfate de magnésium et d'aspirine pour réguler la tension et prévenir le déclenchement de crises convulsives.
La Fausse couche (interruption spontanée de grossesse)
Plus de la moitié des fausses couches ont pour origine une malformation chromosomique. Après la fécondation, l'œuf se révèle incapable de se développer correctement, la grossesse est donc spontanément interrompue. Après 35 ans, les risques de malformation ou d'anomalies chromosomiques sont plus importants du fait du vieillissement du matériel génétique des ovules. Après 40 ans, 1 grossesse sur 4 se solde par une fausse couche au cours des trois premiers mois.
Les anomalies chromosomiques
Elle est due à la pression qu'exerce l'utérus sur la vessie. La grossesse peut également provoquer l'élimination de liquides supplémentaires au niveau des reins. Dans tous les cas, cette envie fréquente d'uriner va perdurer pendant toute la durée de la grossesse.
La principale anomalie qui est aujourd'hui dépistée systématiquement pour les femmes de plus de 35 ans est la trisomie 21. La trisomie 21 est une anomalie chromosomique assez fréquente en France qui cause chez les sujets porteurs un retard mental handicapant.
Deux tests sont pratiqués pour détecter la trisomie 21. Le premier test consiste en une prise de sang qui permettra d'évaluer le risque d'avoir un enfant porteur de la trisomie 21. Selon les résultats de ce test, une amniocentèse sera pratiquée. Pour les personnes à risque et notamment pour les femmes de plus de 35 ans, l'amniocentèse est systématiquement proposée, quelque soit le résultat des examens sanguins (qui permettent de diagnostiquer jusqu'à 70% des cas de trisomie 21).En effet, l'amniocentèse est le seul examen qui permette de diagnostiquer la trisomie 21.
En conclusion, on peut dire aujourd'hui que la plupart des grossesses tardives se déroulent normalement grâce à un suivi médical spécifique. Il est toutefois recommandé de faire un bilan de santé exhaustif avant la conception afin de détecter tout facteur de risque additionnel. Certains posent la question de la prise de risque, qui n'est pas le même à 35 ans qu'à plus de 40 ans, et de la responsabilité envers l'enfant à venir. La société est en pleine mutation et de nouveaux modèles de parentalité sont en cours de structuration.

