Alimentation : les pièges à contourner

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Alimentation : les pièges à contourner

L’une des causes du surpoids réside dans la difficulté à évaluer les quantités que l’on mange ou que l’on a mangé au cours de la journée. En général, on sous-estime inconsciemment de 15 à 25% les quantités ingérées, d’où l’intérêt dans le cadre d’une démarche d’équilibrage alimentaire de noter et peser tout ce que l’on mange afin d’en prendre conscience et de consommer ensuite les quantités adéquates. En effet, sans repères pour évaluer la taille d’une portion alimentaire, on a tendance à manger tout ce qu’il y a dans une assiette sans réellement se poser la question de la satiété. Une des astuces pour manger moins sans difficultés consiste à utiliser des plats de services et des assiettes plus petites que les grandes assiettes qui sont devenues la norme en restauration à domicile ou en extérieur. De nombreux exemples sont donnés par le psychologue de l’alimentation Brian Wansink dans son ouvrage très instructif conditionnés pour trop manger (2,3,4,5).

Le piège des aliments allégés

Ils occupent une part de plus en plus importante dans les rayons de supermarché et même si leur existence peut paraître louable, leur consommation n’a pas toujours l’effet escompté. De nombreuses études, toujours menées par des équipes collaborant avec le psychologue de l’alimentation Brian Wansink, montrent que le fait de consommer une produit allégé (en sucres ou en graisses) induit automatiquement une phénomène de récompense ou de compensation (2,3,4,5).
Par exemple, le fait de manger un plat cuisiné allégé en graisses nous conduit à prendre une double portion de fromage. De la même façon un yaourt à 0% sera arrosé plus généreusement de sucre ou enfin le choix d’une grosse salade de crudités pour le déjeuner est souvent (ré)compensé par un dessert généreux. Ce jeu de compensation n’est pas forcément gagnant pour l’équilibre alimentaire car il apporte souvent plus de mauvaises graisses et plus de sucres.

Alimentation : quelques pistes à explorer

La diète méditerranéenne ou régime crétois reste un classique assez facile à adopter, à accompagner d’une activité physique raisonnable et peu coûteuse comme la marche. Pour les plus expérimentés, le régime Okinawa est considéré aujourd’hui comme l’un des meilleurs pour la santé à long terme. Il s’agit d’un mode de vie et d’alimentation qui permet d’atteindre naturellement un poids équilibré, une grande vitalité physique et intellectuelle. Plus qu'un régime, il s'agit d'une philosophie de vie basée sur le plaisir et la modération dont les principes sont appliqués au quotidien par les habitants centenaires de la ville d'Okinawa au Japon.

Dans un autre registre, le régime IG, qui privilégie les aliments à faible index glycémique, n’est pas non plus un régime restrictif. Ce modèle qui a fait ses preuves peut servir de base pour repenser et restructurer votre alimentation sur le long terme. Il permet de minimiser certains facteurs de risque du diabète de type 2, en constante progression dans les pays occidentaux. Enfin, loin d'être impossible, le choix d'une alimentation végétarienne est une alternative intéressante pour la santé en général et un meilleur équilibre pondéral.

Ces exemples ne sont pas des régimes au sens amaigrissant du terme mais bien des régimes alimentaires, c'est-à-dire une habitude de vie liée au choix de la nature, de la qualité et de la quantité des aliments constituant l'alimentation. Ils s’inscrivent dans la durée et, à cet effet, ils influencent notre santé. Ils se transmettent à nos enfants et influent sur leur corpulence et leur santé.

Références : (1) Hu FB, Stampfer MJ, Manson JE, Rimm E, Colditz GA, Rosner BA, Hennekens CH, Willett WC. Dietary fat intake and the risk of coronary heart disease in women. N Engl J Med. 1997 Nov 20;337(21):1491-9. (2) Traduction française « Conditionnés pour trop manger » Editions Thierry Souccar, 2009. (3) Ice cream illusions bowls, spoons, and self-served portion sizes.Wansink B, van Ittersum K, Painter JE. Am J Prev Med. 2006 Sep;31(3):240-3. (4) Bottoms Up: The Influence of Elongation and Pouring on Consumption Volume, par Brian Wansink et Koert van Ittersum, Journal of Consumer Research, vol. 30, n° 3, décembre 2003, pp. 455-63. (5) Bottomless bowls: why visual cues of portion size may influence intake. Wansink B, Painter JE, North J.Obes Res. 2005 Jan;13(1):93-100.
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