Des fibres pour réduire le risque de cancer du sein

Santé
Des fibres pour réduire le risque de cancer du sein

D’après une nouvelle grande étude conduite par un groupe de chercheurs de la Harvard T.H. Chan School of Public Health, les femmes qui ont une alimentation plus riche en fibres pendant leur adolescence et au début de leur vie adulte - particulièrement en fruits et légumes - sont susceptibles de faire diminuer significativement leur risque de cancer du sein, par rapport aux femmes qui ont consommé moins de fibres pendant leur enfance. Cette étude a été publiée le 1er février 2016.

"Des études précédentes sur la consommation de fibres et le cancer du sein avaient toutes été pratiquement non-significatives, et aucune n’avait étudié l’alimentation pendant l’adolescence ou le début de la vie adulte, une période où les facteurs de risque du cancer du sein semblent être particulièrement importants," déclare Maryam Farvid, chercheuse vacataire à la Harvard Chan School et auteure principale de l’étude. "Ce travail concernant le rôle de l’alimentation pendant l’enfance et son incidence sur le cancer du sein révèle l’un des rares facteurs de risque potentiellement modifiable pour le cancer du sein de la pré-ménopause."

Périmètre de l'étude

Les chercheurs ont constitué un groupe de 90 534 femmes qui ont participé à l’étude «Nurses’ Health Study II» (étude numéro 2 sur la santé des infirmières), une grande enquête de longue durée sur les facteurs qui influencent la santé des femmes. En 1991, ces femmes - âgées alors de 27 à 44 ans - ont rempli des questionnaires sur leurs habitudes alimentaires, et elles ont recommencé ensuite tous les quatre ans. Elles ont aussi complété un questionnaire en 1998 concernant leur alimentation pendant leurs études secondaires. Les chercheurs ont analysé la consommation de fibres des femmes en considérant d’autres facteurs, comme la race, l’histoire familiale sur le cancer du sein, l’indice de masse corporelle, les variations de poids sur ces périodes, l’historique des menstruations, la consommation d’alcool ainsi que d’autres facteurs diététiques.

Conclusion de l'étude

Le risque de cancer du sein diminuait de 12 à 19% chez les femmes qui avaient consommé davantage de fibres au début de l’âge adulte, en fonction de la quantité consommée. Une consommation élevée de fibres pendant l’adolescence était également associée à un risque 16% plus bas sur le cancer du sein en général et 24% plus bas sur le risque de cancer du sein avant la ménopause. Parmi toutes les femmes, il existait une association inverse importante entre la consommation de fibres et l’incidence de cancer du sein. Pour chaque augmentation de 10 grammes de consommation de fibres par jour - soit par exemple environ une pomme et deux tranches de pain complet, ou une demi-tasse d’haricots rouges cuits, de chou-fleur, ou de courge - au début de la vie adulte, le risque de cancer du sein diminuait de 13%. Le bénéfice apparent le plus important provenait des fibres des fruits et des légumes.

Les auteurs ont supposé que le fait de manger des aliments plus riches en fibres devait réduire le risque de cancer du sein partiellement en favorisant la diminution des taux élevés d’œstrogènes dans le sang, qui sont fortement associés au développement du cancer du sein. " D’après de nombreuses autres études, nous savons que le tissu mammaire est particulièrement influencé par les carcinogènes et les anticarcinogènes pendant l’enfance et l’adolescence, " déclare Walter Willet, Professeur d’épidémiologie et de nutrition à la Harvard Chan School et chercheur principal de l’étude. " Nous détenons maintenant la preuve que la façon dont nous nourrissons nos enfants pendant cette période de leur vie est également un facteur important pour le risque futur de cancer. "

D’autres chercheurs de Harvard Chan School ont contribué à cette étude, comme Heather Eliassen, professeur associé au Département d’épidémiologie, et Xiaomei Liao, chercheur scientifique aux Départements d’épidémiologie et de biostatistiques. L’étude a été subventionnée par le National Institutes of Health et par une bourse de The Breast Cancer Research Foundation. Maryam Farvid a été subventionnée par le Japan Pharmaceutical Manufacturers Association.

Publication originale : Marge Dwyer, Harvard T.H. Chan School of Public Health.
References : “Dietary Fiber Intake in Young Adults and Breast Cancer Risk,” Maryam S. Farvid, A. Heather Eliassen, Eunyoung Cho, Xiaomei Liao, Wendy Y. Chen, and Walter C. Willett, online February 1, 2016, Pediatrics, 137(3):e20151226, doi: 10.1542/peds. 2015-1226.
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