La malnutrition chez les personnes âgées

Alimentation , Santé
La malnutrition chez les personnes âgées

En vieillissant, une alimentation saine est importante mais, pour un certain nombre de raisons, de nombreuses personnes âgées souffrent de déficit chronique en nutriments essentiels. Quel que soit notre âge, nous avons tous besoin d'un régime sain et équilibré pour rester en forme. Mais en vieillissant les besoins alimentaires changent. Il devient quelquefois difficile de garantir les apports nécessaires en nutriments essentiels comme le calcium, le zinc et l'acide folique. Cette situation peut entraîner des problèmes allant d'un taux plus élevé d'infections à un risque accru de chutes. Les experts pensent que ce problème ne fera qu’empirer avec le vieillissement de la population : plus les personnes sont âgées plus elles sont mal nourries.

Malnutrition des personnes âgées : facteurs de risque

De nombreuses personnes âgées souffrent de malnutrition. Les personnes qui sont malades ou qui vivent seules y sont encore plus sujettes. Certaines maladies comme le cancer peuvent réduire l'appétit alors que de nombreux médicaments surconsomment des nutriments, et augmentent ainsi les besoins en nutriments essentiels comme le calcium ou le fer. De plus, les personnes âgées ont tendance à utiliser beaucoup de médicaments qui peuvent interagir les uns avec les autres, réduire la qualité d’absorption des nutriments, gêner la digestion ou encore couper l'appétit. La dépression et la solitude, surtout après une période de deuil, peuvent également impacter sur la volonté d'une personne à manger suffisamment.
Mis à part les problèmes de santé, pour de nombreuses personnes âgées les questions sociales et financières influencent la qualité de l’alimentation. Souvent, elles n'ont pas suffisamment d'argent à consacrer à la nourriture, son coût augmentant régulièrement. C’est l’une des raisons pour lesquelles les personnes âgées ont un régime alimentaire limité, souvent basé sur des produits peu onéreux et souvent de mauvaise qualité nutritionnelle. En outre, une personne âgée peut avoir des difficultés à se déplacer et se rendre dans certains types de magasins (pas de permis de conduire, pas de véhicule, etc...). Une fois encore les personnes malades ou isolées sont plus fragiles.

Malnutrition des personnes âgées : signes révélateurs

Malheureusement, identifier la malnutrition n'est pas aussi simple que cela peut paraître. La perte de poids rapide au cours des trois à six derniers mois est un bon indicateur qu’une personne peut souffrir de malnutrition. Cependant, il semblerait que certaines personnes en surpoids ou d’un poids normal souffrent de malnutrition. Cette dernière peut provoquer un certain nombre de problèmes de santé comme :

  • Un risque accru de contracter une infection ou de souffrir d'ecchymoses et d’une mauvaise cicatrisation,
  • De l’anémie (faible numération des globules rouges, ce qui peut causer la fatigue, des maux de tête et autres symptômes),
  • Un temps de récupération plus long après une intervention chirurgicale,
  • Une plus grande chance de tomber (perte de tissu musculaire),
  • Un risque accru de mourir prématurément.

 

Malnutrition des personnes âgées : des situations inégales

Seulement 10% des personnes âgées vivant de façon indépendante à leur domicile souffriraient de malnutrition. En revanche, les personnes âgées résidant dans des maisons de retraites ou hospitalisées souffriraient plus d’un apport alimentaire inadéquat. Ce problème est encore trop rarement traité par le personnel médical, souvent en sous effectif, qui ne considère pas la malnutrition comme une priorité. Pourtant, il semblerait que les personnes malades et malnutries resteraient plus longtemps à l’hôpital que celles qui bénéficient d’un suivi particulier ou d’un enrichissement des repas par le bais de la famille. De même, de nombreuses études estiment qu’au moins 50% des personnes âgées résidant en maison de retraite souffrent de malnutrition pour 2 raisons principales : la qualité médiocre des repas servis (souvent préparés de façon industrielle) qui peinent à ouvrir l’appétit et certains problèmes de santé des pensionnaires (maladie d’Alzheimer, démence), qui peuvent tout simplement oublier de manger. Certains prennent par exemple plusieurs petits-déjeuners par jour.

Conseils pratiques pour bien se nourrir

Si vous pensez être sous-alimenté, parlez-en à votre médecin. Cependant, quelques changements simples peuvent améliorer rapidement la qualité de votre alimentation et donc votre vitalité :

1. Enrichir son alimentation sans augmenter les quantités

Ajoutez par exemple un peu de matières grasses comme du beurre ou de l’huile d’olive à une pomme de terre, pour obtenir plus d'énergie à partir d'une petite quantité de nourriture. Vous pouvez aussi tartiner votre morceau de pain de table avec de la purée d'oléagineuxs, riche en acides gars et en minéraux essentiels (purées d'amandes, de noisettes, de noix de cajou, de sésame, etc...). Autre possibilité : saupoudrer salades et yaourts de germe de blé, de graines de lin moulue, pour augmenter la teneur en éléments nutritifs.

2. Fractionner ses repas

Si vous n’arrivez pas à manger suffisamment aux repas, c'est la façon la plus simple d'enrichir ses apports quotidiens en nutriments essentiels, en privilégiant des collations de fruits, de fromage, d’oléagineux, 

3. Cuisiner et partager

Au supermarché, les promotions sur la viande par exemple portent souvent sur de grosses quantités (3 ou 5 kg, voire plus). C’est beaucoup trop pour une personne seule ou un couple, mais cela reste avantageux au niveau du prix. Profitez des promotions en préparant des plats à l’avance et en les conservant au congélateur ou en les partageant avec d’autres personnes âgées. Chacun peut cuisiner à son tour et cela présente l’avantage de créer en plus du lien social.

Compléter son alimentation en se supplémentant 

Nous avons sélectionné un certain nombre de catégories de compléments alimentaires pour leurs apports en nutriments essentiels. Loin d'être exhaustive, cette liste donne des pistes sur le type de supplémentation à privilégier !

  • La spiruline est extrêmement riche en protéines (50 à 70%) et en antioxydants (notamment en caroténoïdes). Elle est utilisée pour lutter contre la malnutrition. Disponible en comprimés ou en poudre, (préférez-la en poudre), elle enrichit l’alimentation.
  • Les complexes multi-vitamines sont parfaits pour pallier la surconsommation de nutriments causée par des prescriptions médicales lourdes ou encore suite à certaines maladies gourmandes en nutriments essentiels.
  • Les antioxydants limitent les conséquences du vieillissement sur l’organisme. Ils sont particulièrement intéressants pour la santé et l’équilibre des phanères (peau, ongles, cheveux), et la prévention de maladies dégénératives de la vision (DMLA).
  • Les acides gras oméga 3 : 2/3 de la population française souffre d’une déficit d’apport structurel en oméga 3, a fortiori les personnes âgées. Par ailleurs, les oméga 3 sont réputés pour leurs qualités anti-inflammatoires aussi intéressantes pour la sphère immunitaire que pour l’équilibre émotionnel.
  • Des probiotiques pour renforcer les défenses immunitaires et rééquilibrer la flore intestinale après de longs traitements médicamenteux (antibiotiques, anti-inflammatoires, corticoïdes, etc...).
  • De l'échinacée pour ses qualités immunostimulantes, afin de limiter les infections à répétitions, synonymes de fragilisation de l’état de santé global.

 

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