Comment faire une cure détox? | Laboratoire Synergia

Comment faire une cure détox?

À l’arrivée du printemps, la cure détox est au corps ce que le grand ménage est à la maison. Avec l’arrivée des beaux jours, on a envie de s’alléger et de repartir sur des bases plus saines.

Comment faire une cure détox de manière intelligente sans céder aux sirènes de conseils souvent farfelus?

Cure détox, info ou intox?

Si la détox n’a rien de nouveau - le principe remonte aux médecines traditionnelles chinoises ou indiennes et a cheminé au fil des siècles jusqu’à l’actuelle naturopathie - le terme lui est aujourd’hui plus que tendance et l’on voit se multiplier des régimes “miracles” qui prétendent libérer le corps de toutes ses toxines. Un certain nombre d’entre eux est pour le moins fantaisiste, surfant sur la mode, et ne propose rien d’autre que des produits laxatifs ou dépuratifs aux effets néfastes sur le corps.

Il est vrai, cependant, que nous sommes exposés à de nombreuses toxines aussi bien externes (produits chimiques, toxines: alcool, tabac, drogues, etc., métaux lourds…) qui pénètrent notre corps par l’eau, l’alimentation, l’air ou la peau qu’internes (notre métabolisme produit en permanence des déchets: ammoniac, urée, acides…).

Une trop grande accumulation de ces déchets peut avoir des effets délétères sur notre organisme.

Heureusement, notre corps est bien fait et il est pourvu d’organes dont la fonction est précisément de le nettoyer.

Notre corps, le meilleur allié détox

Lorsque notre corps fonctionne normalement, et que notre mode de vie est sain, il sait naturellement drainer les toxines qui l’encombre grâce à quatre organes majeurs qui sont programmés notamment dans ce but :

  • Le foie. C’est l’organe dépurateur par excellence. Son rôle est de capturer, de transformer et de rendre inoffensifs les toxines auxquelles nous pouvons être exposés par l’alimentation, la boisson ou l’air. C’est lui qui synthétise l’urée afin de se débarrasser des déchets azotés. Il est capable de produire des substances protectrices et anti-toxiques.
  • Les reins. Leur fonction principale est d'éliminer les déchets toxiques produits par l'organisme et transportés par le sang : l’urée, qui résulte de la digestion des protéines, la créatinine, qui provient de la destruction normale des cellules musculaires et de l'acide urique.
  • Les poumons. Ils éliminent les déchets gazeux dans le CO² expiré.
  • Le côlon (ou gros intestin). Tout au bout de la chaîne de digestion, il collecte tous les déchets non nutritifs, les toxines, les produits chimiques et pharmaceutiques, les pollutions inhalées et les évacue par les selles. C’est également lui qui contient la flore intestinale, essentielle au bon fonctionnement de notre organisme.

La peau élimine aussi des toxines via la transpiration.

Lorsque notre hygiène de vie sollicite trop ces différents organes, ils peuvent avoir parfois du mal à remplir pleinement leur rôle. C’est à ce moment qu’une cure détox devient utile afin de leur apporter un petit coup de pouce.

Quand faire une cure détox?

En général, on “sent” quand on a besoin d’une cure détox. Globalement, on se sent lourd et pas au mieux de notre forme. Mais il existe des symptômes particulièrement évocateurs, avant même que le déséquilibre ne relève de la pathologie.

Des symptômes généraux

On remarque généralement une certaine fatigue qui devient chronique, des maux de tête, ainsi qu’une prise de poids et des gonflements des membres (œdèmes) dus à de la rétention d’eau. On peut également ressentir des douleurs articulaires ou musculaires qui semblent inexpliquées.

Ceux-ci sont liés à un terrain inflammatoire et sont un signe que le fonctionnement organisme est ralenti.

Des symptômes hépatiques

Les symptômes liés à un dysfonctionnement du foie sont récurrents. On notera notamment :

  • Des selles jaunâtres, grasses et collantes, signes que la bile ne s’écoule pas bien le long du système digestif (des crises hémorroïdaires peuvent advenir).
  • Un teint et un fond de l’oeil jaunâtres.
  • Des nausées en voiture ou dans les transports.
  • Des difficultés à supporter les odeurs fortes.
  • Une sensation de malaise à la moindre consommation d’alcool.
  • Une forte réaction aux effets secondaires des médicaments ou des anesthésies.

Des symptômes digestifs

En raison d’un mauvais fonctionnement du côlon, les symptômes suivants peuvent apparaître :

  • Diarrhées,
  • Constipation,
  • Ballonnements,
  • Gaz intempestifs,
  • Spasmes,
  • Difficultés à digérer les laitages et les produits contenant du gluten,
  • Réveils précoces.

Ce faisceau de symptômes est particulièrement significatif d’un organisme surchargé qui a besoin de s’accorder une pause grâce à une alimentation plus adaptée et d’être soutenu par des compléments alimentaires et des habitudes plus saines. Il s’agit bien plus d’aider les organes responsables de la détoxification naturelle du corps que de les abîmer avec des “remèdes” par trop agressifs.

30 jours pour repartir à zéro

Il faut au moins 30 jours pour entamer un régime santé qui facilitera le bon fonctionnement des organes et pour se libérer des symptômes qui sont liés à un corps saturé. Et, pour ce faire, il n’existe pas un aliment ou un produit miracle mais un programme global fait d’une suite de mesures hygiéno-diététiques.

L’alimentation détox

Pour entamer cette cure détox printanière, il conviendra d’adopter une alimentation qui limite l’inflammation et qui soutient le système digestif.

Réduction des aliments pro-inflammatoires

Veillez à limiter, sinon à supprimer, les aliments qui sollicitent fortement les organes “dépurateurs” du corps et créateurs d’inflammation :

  • La viande rouge et les charcuteries qui sont associées à des pathologies de surcharges, métaboliques ou dégénératives (1),
  • Les produits laitiers (2),
  • Les céréales à gluten (3),
  • Les graisses saturées et trans qui surchargent le foie; elles alimentent l’inflammation et tendent à stocker les éléments polluants (4),
  • Les sucres rapides qui, en excès, tendent à provoquer des réponses immunitaires et à contribuer ainsi à l’inflammation, notamment digestive (5),
  • Le café, limitez-vous à une tasse de café filtré par jour (6),
  • L’alcool, qui est toxique pour le foie (7),
  • Les épices agressives (poivre, chili, harissa, nuoc man…),
  • Les additifs et notamment le glutamate qui tend à augmenter le stress oxydatif (8).

Augmentation des aliments anti-inflammatoires

À contrario, augmentez la part d’aliments anti-inflammatoires en vertu de leur teneur en antioxydants, en polyphénol, en magnésium, en oméga-3 et en principes actifs tels que la chlorophylle, la curcumine, la lutéoline ou encore la eugénol :

  • Les fruits et légumes (pensez notamment aux crucifères) (9). Choisissez-les bio, afin de ne pas augmenter votre exposition aux pesticides,
  • Les thés et notamment le thé vert matcha,
  • Le chocolat noir, riche en polyphénols (10),
  • Les poissons gras, qui sont une excellente source d’oméga-3. Évitez cependant le thon, le requin ou encore l’espadon surchagés en métaux lourds,
  • L’huile de colza, riche en oméga-3,
  • L’huile d’olive, aux propriétés anti-oxydantes,
  • Les épices et les herbes et tout particulièrement : la cannelle (qui contient de l’eugénol), le curcuma (richement pourvu en curcumine), le gingembre, le safran, le thym, la menthe, la lavande, le romarin, la sauge, le basilic, le shiso, l’oignon et l’ail.

Lutter contre l'inflammation du tube digestif et restaurer la flore intestinale

L’alimentation détox doit également permettre à l’intestin de fonctionner de manière efficiente et contribuer à une restauration du microbiote intestinal.

Pour ce faire :

  • Supprimez le café, l’alcool ainsi que les épices agressives.
  • Ne dépassez pas 2-3 portions de viande par semaine.
  • Ne consommez pas de compléments contenant du fer ou du cuivre.
  • Luttez contre la constipation en consommant davantage de fibres - par le biais de fruits et légumes et de céréales complètes, et d’eaux minéralisées.
  • Augmentez la part de végétaux riches en inuline: artichaut, topinambour, chicorée.
  • Augmentez la fréquence des aliments riches en probiotiques : yaourts au soja enrichis, légumes lacto- fermentés (choucroute, kimchi…), miso.
  • Faites la part belle aux aliments contenant du magnésium et des omégas-3 - pensez notamment aux oléagineux.

Une journée détox dans l’assiette

Voici une suggestion de menus sur une journée :

  • Petit déjeuner : une portion de flocons d’avoine, du lait d’amande, un kiwi, thé vert ou chicorée.
  • Déjeuner : une assiette de crudités assaisonnée à l’huile de colza, un filet de truite, du chou en choucroute, un carré de chocolat noir.
  • Collation : une poignée d’amandes et une banane.
  • Dîner : Cœurs d’artichaut en salade, une assiette de légumes variés sautés à l’huile d’olive, une portion de quinoa, un yaourt au soja, une compote pomme rhubarbe, tisane.

Non restrictive, cette “cure” peut-être prolongée et permet d’instaurer de bonnes habitudes alimentaires à conserver toute l’année.

Les compléments alimentaires et la détox

Si l’alimentation est une aide précieuse à la détox, les compléments alimentaires permettent de soutenir l’organisme et viennent optimiser de manière non négligeable les bénéfices d’une assiette anti-inflammatoire.

Relancer le système digestif

Avant toute chose, il est primordial de restaurer la muqueuse intestinale, de rétablir sa perméabilité et de renforcer le microbiote intestinal.

En effet, la surcharge toxique contribue au phénomène de “leaky gut syndrom” ou hyperperméabilité intestinale qui alimente l’inflammation et permet à des déchets toxiques de se retrouver dans le sang, entraînant alors un déséquilibre général et affectant les autres organes dépurateurs du corps, notamment les reins (11) et le foie (12) . En outre, c’est uniquement sur la base d’un système digestif sain que les autres compléments pourront agir de manière efficiente.

Afin d’assainir et de rééquilibrer la muqueuse, il est recommandé d’associer pendant au moins un mois de la L-Glutamine, un acide aminé qui contribue à renforcer l’intégrité de la muqueuse intestinale (13) avec des probiotiques qui aident à renforcer la fonction barrière de l’intestin et à augmenter les capacités de réponse du système immunitaire (14).

Lutter contre les radicaux libres

Au début de la cure détox, certains enzymes doivent être activés pour transformer les substances toxiques par des réactions chimiques : oxydation qui va générer des radicaux libres, réduction puis hydrolyse de leurs molécules. Cela induit une suroxydation généralisée qui crée de l’inflammation.

Des compléments alimentaires riches en antioxydants, flavonoïde et quercétine notamment, vont contribuer à lutter contre les radicaux libres et ainsi à diminuer l’inflammation. On a pu en effet noter une diminution de la CRP (protéine C réactive) qui est un marqueur d’inflammation lorsque les apports en antioxydants sont suffisamment importants (15).

Soutenir le foie

Une fois l’équilibre intestinal rétabli et l’inflammation réduite, il peut être intéressant de soutenir l’activité du foie. Pour ce faire, vous pourrez avoir recours à des compléments riches en lutéoline. C’est tout particulièrement le cas de l’artichaut (16) dont les extraits sont connus pour renforcer les fonctions hépato-biliaires.

Drainer l’organisme

La reine des prés, qui contient des flavonoïdes, va faciliter la diurèse, c’est à dire l’évacuation des urines. En ce sens, elle va soutenir l’activité des reins et améliorer le drainage de l’organisme. Elle va contribuer à lutter contre la rétention d’eau et à réduire ainsi les gonflements localisés.

Les bonnes habitudes détox

Pour tirer un maximum de profit de votre cure détox:

  • Arrêtez de fumer,
  • Entretenez une activité physique régulière (marche, vélo, natation...),
  • Sortez, baladez vous en forêt, jardinez,
  • Prenez du temps pour vous détendre,
  • Massez-vous.

Cette “cure” détox est à considérer comme un tremplin pour prendre de nouvelles habitudes santé, apprendre à s’alimenter d’une manière saine, à être actif et à prendre soin de soi afin de rester en forme toute l’année. Un vrai nouveau départ !

Sources:

(1)Lecerf, J. M. (2014). La place de la viande dans la nutrition humaine. Viandes et produits carnés, 30, 6-5.
(2)Bordoni, A., Danesi, F., Dardevet, D., Dupont, D., Fernandez, A. S., Gille, D., ... & Shahar, D. R. (2017). Dairy products and inflammation: a review of the clinical evidence. Critical reviews in food science and nutrition, 57(12), 2497-2525.
(3)Soares, F. L. P., de Oliveira Matoso, R., Teixeira, L. G., Menezes, Z., Pereira, S. S., Alves, A. C., ... & Alvarez-Leite, J. I. (2013). Gluten-free diet reduces adiposity, inflammation and insulin resistance associated with the induction of PPAR-alpha and PPAR-gamma expression. The Journal of nutritional biochemistry, 24(6), 1105-1111.
(4)SCHEEN, A., & Giet, D. (2012). Role de l'environnement dans les maladies complexes: pollution atmospherique et contaminants alimentaires. Revue Médicale de Liège, 67(5-6), 226-33.
(5)Mizoguchi, E., & Mizoguchi, A. (2007). Is the sugar always sweet in intestinal inflammation?. Immunologic research, 37(1), 47-60.
(6)Anty, R., Tran, A., & Pariente, A. (2013). Café et foie: de bons camarades?. Hépato-Gastro & Oncologie Digestive, 20(2), 123-131.
(7)Lieber, C. S. (1991). Alcohol, liver, and nutrition. Journal of the American College of Nutrition, 10(6), 602-632.
(8)Coyle, Joseph T., and Pamela Puttfarcken. "Oxidative stress, glutamate, and neurodegenerative disorders." Science 262.5134 (1993): 689-695.
(9)Holt, E. M., Steffen, L. M., Moran, A., Basu, S., Steinberger, J., Ross, J. A., ... & Sinaiko, A. R. (2009). Fruit and vegetable consumption and its relation to markers of inflammation and oxidative stress in adolescents. Journal of the American Dietetic Association, 109(3), 414-421.
(10)Menat, É. (2006). Les polyphénols de thé, du vin et du cacao. Phytothérapie, 4(1), hs40-hs45.
(11)Anders, H. J., Andersen, K., & Stecher, B. (2013). The intestinal microbiota, a leaky gut, and abnormal immunity in kidney disease. Kidney international, 83(6), 1010-1016.
(12)Ilan, Y. (2012). Leaky gut and the liver: a role for bacterial translocation in nonalcoholic steatohepatitis. World journal of gastroenterology: WJG, 18(21), 2609.
(13)Galland, L. (1995). Leaky Gut Syndromes: Breaking the Vicious Cycles. Townsend Letter for Doctors, 145(6), 63-68.
(14)Michielan, Andrea, and Renata D’Incà. "Intestinal permeability in inflammatory bowel disease: pathogenesis, clinical evaluation, and therapy of leaky gut." Mediators of inflammation 2015 (2015).
(15)Wang Y, Yang M, Lee SG, Davis CG, Koo SI, Fernandez ML, Volek JS, Chun OK. Diets high in total antioxidant capacity improve risk biomarkers of cardiovascular disease: a 9-month observational study among overweight/obese postmenopausal women. Eur J Nutr. 2013 Dec 17.
(16) Kraft, K. (1997). Artichoke leaf extract—recent findings reflecting effects on lipid metabolism, liver and gastrointestinal tracts. Phytomedicine, 4(4), 369-378.
Scroll Top