Diabète, reprenez le contrôle de votre glycémie | Laboratoire Synergia

Diabète, reprenez le contrôle de votre glycémie

En France, le taux de croissance du diabète de type 2 ne cesse d’augmenter (1). Cette maladie insidieuse touche, à l’heure actuelle, plus de 3,7 millions de français et françaises (soit 5,4% de la population)(2). Mondialement, c’est une véritable épidémie en partie liée à la sédentarité et à la malbouffe. Si toutes les personnes diabétiques formaient un pays, ce serait le 3ème plus grand pays au monde (3).

Cependant, le diabète, qui non traité peut avoir des conséquences dramatiques, n’est pas une fatalité et des mesures hygiéno-diététiques simples peuvent contribuer à l’endiguer.

Tâchons de mieux comprendre son mécanisme et les moyens que nous avons de le prévenir.

Qu’est ce que le diabète de type 2 ?

Les mécanismes du diabète

Le diabète est “un trouble de l’assimilation, de l’utilisation et du stockage des sucres apportés par l’alimentation” (4). Cela se traduit par un taux de glucose dans le sang (la glycémie) élevé : on parle d’hyperglycémie.

Lorsque l’on mange, la glycémie augmente et les glucides sont transformés essentiellement en glucose. Le rôle du pancréas est alors de détecter cette augmentation, les cellules bêta sécrètent alors de l’insuline. Cette hormone a pour fonction de permettre au glucose de pénétrer dans les cellules de l’organisme : dans les muscles, dans les tissus adipeux et dans le foie où il va pouvoir être transformé et stocké. Lorsqu’elle remplit correctement son rôle, la glycémie diminue dans le sang.

Une autre hormone, appelée glucagon, permet de libérer le glucose stocké dans le foie, en dehors des repas, lors d’efforts par exemple.

L’équilibre de ces hormones doit normalement maintenir la glycémie stable dans le corps. En cas de diabète, la régulation de la glycémie ne fonctionne pas.

Le diabète de type 2 (autrefois appelé non insulinodépendant) est une maladie acquise et se manifeste plus tard - quoi que l’on assiste à des premiers cas chez les adolescents. ll se caractérise par une résistance à l’insuline et un défaut relatif dans la production d’insuline. Il peut résulter de deux phénomènes:

  • Soit le pancréas fabrique toujours de l’insuline mais pas en quantité suffisante (on parle d’insulinopénie),
  • Soit cette insuline ne remplit pas correctement son rôle de régulateur (on parle d’insulinorésistance), ce qui épuise le pancréas.

Ces deux mécanismes peuvent se conjuguer à des degrés variables.

Les symptômes de diabète

Le diabète avance souvent sournoisement et sans symptômes. Cependant, certains signes d’hyperglycémie peuvent mettre la puce à l’oreille :

  • Fatigue, somnolence,
  • Augmentation du volume et de la fréquence des urines,
  • Soif intense,
  • Faim exagérée,
  • Perte de poids inexpliquée,
  • Vision embrouillée,
  • Cicatrisation lente,
  • Infection des organes génitaux et de la vessie,
  • Picotements aux doigts ou aux pieds,
  • Irritabilité.

Ceux-ci doivent inviter à consulter et à faire tester sa glycémie.

Le diagnostic du diabète

Pour diagnostiquer le diabète de type 2, on réalise une mesure de la glycémie à jeun. Cet examen permet de mesurer le taux de glucose dans le sang. Après un jeûne de 12 heures, le corps puise dans ses réserves de glucose afin de couvrir ses besoins. Chez une personne non-diabétique, de l’insuline est produite et utilisée pour faire baisser le taux de glucose dans le sang. Chez une personne diabétique, ce mécanisme ne produit pas et le taux de glucose reste élevé.

On parle de pré-diabète ou anomalie de la glycorégulation lorsque la glycémie à jeun est comprise entre 1,10 g/l (6,1 mmol/l) et 1,26 g/l (7,0 mmol/l)) et de diabète lorsque cette glycémie à jeun est égale ou supérieure à 1,26 g/l (ou 7 mmol/l). Parfois, une deuxième prise de sang est nécessaire afin de confirmer les résultats obtenus.

Les causes du diabète de type 2

S’il n’y a pas de cause précise expliquant le développement du diabète de type 2, c’est une combinaison de facteurs qui déclenche la maladie. On pourra citer notamment :

  • Le sexe : les hommes sont plus vulnérables que les femmes;
  • L’âge : le risque augmente à mesure que l’on vieillit;
  • Le surplus de poids;
  • Le tour de taille élevé, soit la graisse accumulée autour de l’abdomen;
  • La sédentarité ;
  • Une alimentation déséquilibrée, riche en sucres rapides, en graisse et en sel
  • L’hypertension artérielle;
  • Des glycémies anormalement élevées dans le passé;
  • Pour les femmes, avoir donné naissance à un bébé de plus de 4,1 kg;
  • L’hérédité(5);
  • Une mauvaise santé bucco-dentaire (7);
  • Le manque de sommeil (7);
  • Un terrain inflammatoire (8).

Les complications du diabète de type 2

Un diabète mal pris en charge peut avoir des conséquences dramatiques. On pense souvent aux amputations des membres inférieurs (le diabète est responsable de 50% des amputations non-traumatiques). Mais les hyperglycémies répétées et prolongées entraînent des complications souvent graves sur l’ensemble du corps, parmi lesquelles :

  • Atteintes des nerfs au niveau des membres, de l’appareil digestif, du système urinaire.
  • Troubles cardiaques, vasculaires ou artériels.
  • Phénomène de glycation qui entraîne un vieillissement prématuré des cellules, mais également la polyarthrite rhumatoïde et la maladie d'Alzheimer (9).
  • Atteinte des yeux et de la rétine (rétinopathie diabétique): Le diabète est la première cause de cécité chez les adultes de moins de 65 ans (10).
  • Fourmillements et douleurs dans les mains.
  • Lésion des terminaisons nerveuses dans les pieds pouvant entraîner des blessures menant à l’amputation.
  • Complications rénales (néphropathie diabétique). Le diabète est responsable de 40 % des insuffisances rénales (11).
  • Problèmes dentaires (gingivite, parodontie), caries.
  • Troubles sexuels.
  • Troubles du sommeil (insomnie, hypersomnie, syndrome des jambes sans repos, ou syndrome d’apnées) (12).
  • Dépression(13).

Pré-diabète et diabète, comment réagir?

En règle générale, une fois posé le diagnostic du diabète, on ne prescrit pas de médicaments immédiatement, privilégiant le suivi de règles hygiéno-diététiques permettant de limiter l’évolution de la maladie. Que l’on soit à risque, pré-diabétique ou diabétique, il est crucial d’observer ses conseils qui permettent de réguler la glycémie.

Alimentation

Bien s’alimenter est essentiel pour obtenir un bon contrôle de sa glycémie. Pour cela, il est recommandé :

  • De faire 3 repas équilibrés par jour et de ne pas sauter de repas.
  • D’avoir des horaires de repas réguliers.
  • De consommer des aliments riches en fibres.
  • De manger des sucres lents à chacun des repas.
  • De limiter la consommation d’aliments sucrés et peu nutritifs.
  • De réduire les apports en graisses saturées et préférer les graisses mono-insaturées anti-athérogènes, anti-thrombogènes et anti-stress oxydatif (14).

Le régime méditerranéen est un bon modèle à suivre par les diabétiques de type 2. Il compose essentiellement de fruits et de légumes frais, de produits céréaliers à grains entiers, de légumineuses, de noix, de graines et d’huile d’olive. Le poisson, la volaille, les œufs et les produits laitiers sont consommés de manière modérée et la viande rouge n’est présente au menu que quelques fois par mois. Les pâtisseries et autres sucreries sont réservées à de rares occasions.

Gestion du poids

Le surpoids augmentant considérablement le risque de complication, il est recommandé de perdre environ 10% de son poids et de revenir à un indice de masse corporelle (poids divisé par le carré de la taille) situé entre 18,5 à 25.

Un régime équilibré avec une réduction calorique ainsi que de l’exercice régulier doivent permettre d’atteindre cet objectif.

Exercice physique

L’activité physique régulière doit être le pendant du régime alimentaire et prend toute sa place au sein des mesures préventives et curatives. Vélo, marche, natation, yoga, Qi Gong… il est recommandé de pratiquer 150 minutes d’activités cardiovasculaires par semaine et 2 à 3 séances d’exercices de renforcement musculaire.

Les bienfaits d’activité physique ne sont plus à démontrer :

  • Saine gestion du poids;
  • Amélioration la santé du cœur;
  • Réduction de la pression artérielle et le cholestérol sanguin;
  • Gestion du stress et l’anxiété;
  • Prévention ou ralentissement du développement du diabète et ses complications;
  • Sensation de bien-être, amélioration de la confiance en soi et la qualité de vie.

Tabac et alcool

Non seulement le tabac augmente les risques de développer du diabète de type 2 mais il est également en partie responsable de complications (14)(15). Il est donc important de dire adieu à la cigarette. Le mieux est de se faire aider afin de limiter la prise de poids- tout autant néfaste pour les malades.

Concernant l’alcool, si un verre de vin par jour est autorisé, il est important de ne pas le consommer à jeun car il perturbe fortement la glycémie. On peut donc se limiter un verre en déjeuner ou en dînant mais on évite les apéritifs.

Compléments alimentaires

Associée aux règles hygiéno-diététiques, une complémentation nutritionnelle peut s’avérer intéressante pour mieux contrôler la glycémie et lutter contre les effets néfastes d’hyperglycémies fréquentes et prolongées :

  • Zinc : il régule la glycémie en stimulant la synthèse de l’insuline. Il a, par ailleurs, été montré qu’en association avec du magnésium, il améliore les fonctions rénales et faisait baisser la pression artérielle (17).
  • Picolinate de chrome : il joue également sur le contrôle de la glycémie, permet une meilleure assimilation des sucres et aide à réduire le taux de cholestérol et de triglycérides. Il contribue à diminuer la masse graisseuse et à accroître la masse musculaire (18).
  • Carnosine : il joue un rôle protecteur contre la néphrite du diabétique (19), pourrait remplir un rôle dans la régulation de la glycémie (20) et contribuerait à lutter contre les effets néfastes de la glycation (21).
  • Oméga-3 : ils tendent à améliorer la sensibilité à l’insuline (22) et à prévenir le syndrome métabolique (23).

Il n’y a pas de “petit” ou de “grand” diabète mais des diabètes sous contrôle ou non. Connaissant les risques de cette maladie, il est important de se prendre en main.


Sources:

  1. Le nombre de personnes diabétiques en France est passé de 1,6 à 2,9 millions. À cela s'ajoute les presque 700 000 diabétiques qui s'ignorent. (Source : BEH Invs, 42-43, novembre 2010)
  2. rapport "Charges et produits pour l'année 2018"
  3. ( IDF, 2014 )
  4. Fédération française des diabétiques
  5. Fagot-Campagna, A., Romon, I., Fosse, S., & Roudier, C. (2010). Prévalence et incidence du diabète, et mortalité liée au diabète en France. Synthèse épidémiologique. Saint-Maurice: InVS.
  6. Soell, M., Miliauskaite, A., Hassan, M., Haïkel, Y., & Selimovic, D. (2007). Diabete et sante bucco-dentaire. Médecine des maladies Métaboliques, 1(4), 43-49.
  7. Viot-Blanc, V. "Le manque de sommeil favorise-t-il l’obésité, le diabète et les maladies cardiovasculaires?." Médecine du sommeil 7.1 (2010): 15-22.
  8. Khan, Naim Akhtar. "Inflammation et immunité: implications dans l’obésité et le diabète de type 2." Oléagineux, Corps gras, Lipides 13.5 (2006): 343-351.
  9. Boulanger, E., Puisieux, F., Gaxatte, C., & Wautier, J. L. (2007). Vieillissement: rôle et contrôle de la glycation. La Revue de médecine interne, 28(12), 832-840.
  10. ( Agence de la santé publique du Canada, 2015 et Institut national de santé publique du Québec, 2014 )
  11. ( Agence de la santé publique du Canada, 2015 et Institut national de santé publique du Québec, 2014 )
  12. Institut National du Sommeil et de la Vigilance, Brochure "Sommeil et diabète", série Les carnets du sommeil
  13. « Dépression et diabète » Pr Grimaldi - Revue Equilibre n° 261 – janvier-février 2008
  14. Monnier, L., & Colette, C. (2007). Les fondamentaux de l’alimentation dans le diabète de type 2. Médecine des maladies Métaboliques, 1(3), 16-20.
  15. SG Wannamethee, AG Shaper, Ivan J. Perry, Smoking as a modifiable risk factor for type 2 diabetes in middle-aged men, Diabetes Care, 2001 - Am Diabetes Assoc
  16. Willi C, Bodenmann P, Ghali WA, Faris PD, Cornuz J, Active Smoking and the Risk of Type 2 Diabetes. A Systematic Review and Meta-analysis, JAMA. 2007 Dec 12;298(22):2654-64.
  17. Diabetes Care, octobre 2005, vol. 28, n° 10, p. 2.458-2.464 Read more at https://sante-guerir.notrefamille.com/sante-a-z/diabete-de-type-2-des-vitamines-du-magnesium-et-du-zinc-pour-ameliorer-la-fonction-renale-diabete-de-type-2-des-vitamines-du-magnesium-et-du-zinc-pour-ameliorer-la-fonction-renale-o303060.html#TseimCrErCsLt88B.99
  18. Martin, J., Wang, Z. Q., Zhang, X. H., Wachtel, D., Volaufova, J., Matthews, D. E., & Cefalu, W. T. (2006). Chromium picolinate supplementation attenuates body weight gain and increases insulin sensitivity in subjects with type 2 diabetes. Diabetes care, 29(8), 1826-1832.
  19. Janssen, B., Hohenadel, D., Brinkkoetter, P., Peters, V., Rind, N., Fischer, C., ... & Baelde, H. (2005). Carnosine as a protective factor in diabetic nephropathy: association with a leucine repeat of the carnosinase gene CNDP1. Diabetes, 54(8), 2320-2327.
  20. Nagai, K., Niijima, A., Yamano, T., Otani, H., Okumra, N., Tsuruoka, N., ... & Kiso, Y. (2003). Possible role of L-carnosine in the regulation of blood glucose through controlling autonomic nerves. Experimental biology and medicine, 228(10), 1138-1145
  21. Rashid, I., van Reyk, D. M., & Davies, M. J. (2007). Carnosine and its constituents inhibit glycation of low‐density lipoproteins that promotes foam cell formation in vitro. FEBS letters, 581(5), 1067-1070.
  22. Popp-Snijders, C., Schouten, J. A., & Heine, R. J. (1987). Dietary supplementation of omega-3 polyunsaturated fatty acids improves insulin sensitivity in non-insulin-dependent diabetes. Diabetes Research (Edinburgh, Scotland), 4(3), 141-147.
  23. MacLean, C. H., Mojica, W. A., Morton, S. C., Pencharz, J., Garland, R. H., Tu, W., ... & Rhodes, S. (2004). Effects of Omega‐3 Fatty Acids on Lipids and Glycemic Control in Type II Diabetes and the Metabolic Syndrome and on Inflammatory Bowel Disease, Rheumatoid Arthritis, Renal Disease, Systemic Lupus Erythematosus, and Osteoporosis: Summary.
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